Les Critiques et les Commentaires sur Les Cavaliers des Lumières

Les Critiques et les Commentaires sur Les Cavaliers des Lumières
Par Clarabel - sur amazon
(#1 REVIEWER)
Si seulement sa mère n'avait pas eu cet accident, peut-être Théo ne se serait jamais intéressée à ce jeu maudit. Pour effectuer son travail de deuil l'adolescente a choisi de couper tout contact avec l'extérieur, de ne plus parler à personne, de rompre avec ses amis. Elle vit désormais dans sa bulle, accrochée à un jeu online où elle s'est révélée prodigieuse, atteignant le niveau 5, comme quatre autre joueurs dans le monde. C'est exceptionnel, et Théo n'en est pas peu fière.

Après une fâcherie avec son père, qui s'inquiète (à juste titre), Théo est privée d'ordinateur jusqu'à nouvel ordre. L'ado doit remonter la barre et obtenir des résultats scolaires plus brillants. Elle s'aperçoit alors de sa terrible addiction au jeu et passe outre l'interdiction paternelle en se connectant en cachette. Là, un soir, elle surprend des scènes qu'elle n'aurait pas dû voir. Mais elle s'imagine aussitôt qu'il s'agit d'un léger bug, ce n'est pas méchant et ne porte pas à conséquences. Erreur !

Les jours suivants, d'étranges événements surviennent dans la vraie vie de Théo. Sont-ce des hallucinations, des alarmes (trop de jeu, des neurones embrouillés)... ? Elle décide alors de se connecter sur le site du jeu et contacte les autres joueurs du niveau 5. Bizarrement, ces derniers partagent les mêmes doutes : la terrible armée des Barbarians est-elle sortie de la sphère ludique et virtuelle pour s'immiscer dans leur monde ? !

Je vous laisse découvrir ce qu'est exactement le jeu d'héroïc fantasy (les Barbarians Killers) qui est devenu la principale nourriture de notre jeune Théodora. C'est un monde étrange, menacé par des forces obscures, et les cinq meilleurs joueurs mondiaux se verront attribuer le titre honorifique des cavaliers des lumières, avec pour charge de protéger, de combattre et de résister. De longues descriptions s'ensuivent, mêlées au récit par les terrifiantes menaces qui frappent le Monde Nouveau (ainsi est appelée l'humble société dans laquelle nous vivons !).

Préparez-vous à quelques surprises de taille, car la vicissitude de ces créatures sournoises s'attaquent à toutes les personnes qui cherchent à aider Théo et les Barbarians ne mettent pas de gants pour dissuader et faire peser la menace !!! Leurs armes sont redoutables, car le commun des mortels ne voit pas la même chose que Théo, qui se retrouve ainsi isolée, incomprise et totalement déboussolée. Elle seule détient la preuve que les Barbarians s'incarnent sur Terre avec pour mission d'éliminer tous les Cavaliers.

Après son père, c'est son ancien meilleur ami qui est touché, puis des camarades de chambrée. Accident de voiture, incendie volontaire, bain de sang... la liste ne finit pas de s'allonger. Théo choisit de partir sur l'ile de Wight, dans un manoir austère, de style victorien. Elle aura recours à la bonne vieille méthode de compulser des livres dans une bibliothèque pour ses recherches avant le grand rendez-vous avec ses pairs. Car Théo a découvert qu'elle pouvait s'introduire en personne dans le jeu et franchir la frontière séparant l'irréel du réel... Incroyable !

Mêlant la quête épique, le tourbillon fantastique et le souffle d'aventure, ce roman brasse moults références et légendes pour alimenter son intrigue haute en couleurs. C'est entraînant, aidé de quelques pauses bénéfiques dans le coeur de l'action, mais le suspense est toujours entretenu à un train d'enfer. Le climat de terreur rampante par la menace des Barbarians est bougrement efficace, on s'accroche, on guette et on attend au tournant la suite de l'épopée... Les Cavaliers des Lumieres 2

Chronique de Kalys sur Psychovision
Depuis la mort de sa mère, Théodora a trouvé refuge dans un jeu vidéo. Elle y incarne Fennec des Sables, une redoutable guerrière, et fait partie des cinq meilleurs joueurs du monde. Un soir, déçu une fois encore par ses piètres résultats scolaires, son père lui interdit de toucher à l'ordinateur. Mais, dès le lendemain, Théo est témoin de pas moins de deux attaques, par ce qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux Barbarian Killers qu'elle doit exterminer dans le jeu... Terrifiée et un peu inquiète pour sa santé mentale, la jeune fille contacte ses pairs, les quatre autres joueurs à avoir atteint le niveau ultime. Ils s'aperçoivent bien vite qu'ils ont tous vécu des expériences similaires. Le doute n'est bientôt plus permis. Mais qui sont les Barbarian Killers? Pourquoi s'attaquent-ils aux proches des cinq jeunes gens? Comment se sont-ils incarnés? Autant de questions auxquelles il va falloir trouver des réponses, et vite...

Premier tome d'un cycle dont le second volume devrait paraître le 6 novembre, Le Règne de la Barbarie s'avère beaucoup plus convainquant que ce à quoi on pouvait s'attendre. En effet, si le scénario ne semble pas très original de prime abord (dans le cadre de l'édition jeunesse, je l'aurais même qualifié de racoleur), il s'avère non seulement surprenant mais également, captivant. Beaucoup de jeunes adolescents se reconnaitront dans le personnage de Théodora, qui ne manque pas de fraîcheur même s'il aurait pu être approfondi. Et puis, l'histoire démarre sur les chapeaux de roue et, de rebondissements en révélations, l'intrigue se révèle palpitante! Les auteurs ne nous laissent pas souffler, le suspense ne faiblit jamais, chaque page étant l'occasion d'une nouvelle péripétie. Mais ce qui fait la grande force de ce roman, c'est que l'aventure trépidante de Théodora est l'occasion d'une réflexion très poétique sur le langage, la connaissance, la conscience, mais aussi sur la magie, qui n'est qu'une compréhension profonde du monde, de la nature et des êtres vivants.
Par ailleurs, bien que le style ne soit pas très recherché (même si le roman s'adresse à des jeunes), la narration reste fluide, jamais maladroite, et s'adapte à merveille au rythme haletant de l'action.
Bref, une fois arrivé à la dernière page, on peine à refermer le livre, car cela s'avère très frustrant! On voudrait retourner, une dernière fois, dans le Monde Perdu, écouter parler le Lucide, combattre les Barbarians, et surtout, visiter encore le château de Meanour Kazell, cathédrale de pierre et d'eau, siège de la connaissance et de la magie... Donc, vivement la suite!

critique de Ben, de Ado-Livres
(cf le skyblog de Ado-Livres)
Le résumé-apéritif
Depuis 6 mois, Théodora Costa n'a plus qu'un seul centre d'intérêt dans l'existence : le jeu online des « Barbarians Killers » où elle excelle et compte parmi les 5 meilleurs joueurs du monde. Par contre, ses résultats au collège sont en chute libre. C'est pourquoi son père décide de la punir en la privant d'ordinateur. Malheureusement, au même moment, d'étranges phénomènes commencent à se dérouler sous les yeux de l'adolescente et dans son entourage. Plusieurs personnes qu'elle connaît ou qui lui sont proches sont tuées ou blessées par des Barbarians, ceux-là mêmes qu'elle affronte dans le Jeu...
Notre avis
Pour la première fois depuis les débuts de leur fructueuse collaboration littéraire, Brigitte Aubert et Gisèle Cavali se lancent dans l'heroïc fantasy pour adolescents. On connaissait leur talent à quatre mains dans les genres policier et fantastique. Avec la suite « Les Cavaliers des Lumières », elles nous plongent avec le même brio dans une aventure exceptionnelle où l'héroïne, Théodora Costa, une adolescente de 14 ans doit lutter face aux Barbarians Killers, des êtres surnaturels qui l'entraînent dans un univers parallèle riche et étonnant.
En fait, c'est par le biais d'un jeu online qu'elle entre en contact avec eux et passe de la Terre (« le Monde Nouveau ») où elle vit au « Monde Perdu » au sein duquel elle mène une quête essentielle.
Attachante à souhait, Théo est omniprésente tout au long du Règne de la Barbarie, le titre de ce premier tome, et les relations nombreuses qu'elle construit avec ses amis et ses adversaires montrent, notamment, l'excellent travail réalisé par les auteures au niveau de la psychologie des personnages, riche et fouillée.
Malgré l'inutilité de certains détails et le manque de clarté qui en découle parfois, les univers mis en place par Aubert et Cavali tiennent vraiment la route : la manière habile dont la plupart des passages descriptifs sont amenés et construits ainsi que la succession rapide des actions donnent, en effet, au cadre spatial pluriel une véritable force.
Réussite donc en matière de genre, de personnages, d'intrigue et d'espace. Réussite aussi au niveau des thématiques : variées, elles permettent, par exemple, de réfléchir à l'avenir de l'humanité, particulièrement aux dangers de l'informatique surpuissante aujourd'hui. Réussite, enfin, du point de vue de l'écriture : joyeuse et fruitée, elle porte le récit sans jamais l'étouffer et, surtout, avec une réelle efficacité !
Un volume initial à découvrir sans tarder, en attendant la suite...


02 sep.2008 Par Sophie | Rubrique Livres |
Site Atemporel Les Cavaliers des Lumières
Brigitte Aubert et Gisèle Cavali croisent encore une fois leurs écritures pour le rayon jeunesse. Entre web et épées, voici donc la chronique de leur nouveau roman : Les Cavaliers Des Lumières , tome 1 sur 5 : Le Règne de La Barbarie , sorti en mai 2008.
L'histoire
Jeune collégienne s'ennuyant au collège, Théodora est accro aux jeux en ligne. Vivant seule avec son père, elle n'hésite pas à se relever la nuit et continuer à jouer en cachette. Elle combat en réseau des monstres, les "Barbarians", qui menacent de les anéantir, elle et ses compagnons de jeu "les Cavaliers des Lumières".
Son désintérêt complet pour les études provoquent la colère de son père qui la prive soudain d'ordinateur. Or le lendemain tout dégénère, Théodora semble perdre pied avec la réalité : elle aperçoit des Barbarians pendant le cours de math... A t-elle bien mesuré les règles et la portée du jeu ?
Notre avis
On glisse d'un coup du quotidien d'une héroine solitaire, incomprise et internet addict à un entre-deux mondes quasi palpable. Magie, initiation, créatures fantastiques, bref tous les ingrédients d'un héroic fantasy sont au rendez-vous.
Un regret peut-être pour les adultes : celui d'avoir grandi et de ne pouvoir saisir les choses telles qu'elles sont ou du moins de les accueillir pour sauver ou faire bouger le monde. La magie, le virtuel, ne révèlent finalement à Théo(dora) que ses dons naturels.
Le Règne de la Barbarie s'avale d'un trait au rythme de l'inlassable curiosité de Théo. Une série qui promet et dont nous attendons avec impatience la suite, La Voie des chimères, prévue en novembre 2008.
A noter : l'émergence d'un nouveau juron " Par les rognures avariées de détritus puants! »

On ne combat bien que ce que l'on maîtrise vraiment.
Théodora est une adolescente comme toutes les autres.
Elle partage sa vie entre le collège, son papa resté seul avec elle après la mort de sa maman, ses devoirs et son jeu en ligne.
Car Théodora a une véritable passion dévorante dans la vie : un jeu en ligne, que sa maman lui a laissé, après sa mort . Un jeu de combat, de points de vie à gagner et de Mal à exterminer.
Mais sa vie bascule lorsqu'elle s'aperçoit que le jeu a un peu débordé du virtuel. Elle a dû en abuser, de ce jeu, pour avoir de telles hallucinations.
Désormais, Théodora va devoir combattre dans sa vie à elle, les démons de l'univers virtuel qu'elle pensait connaître si bien .
L'auteur jongle avec aisance entre un point de vue intimiste et par moment très intériorisé et un panorama plus large, proposant avec fermeté à son lecteur de regarder au-delà des apparences.
Ces aventures quelque peu obscures par moment ( ne se perd-on pas à force de chevaucher les veines du dragon ? ) sont définitivement teintées de clarté, de lumières et de progression.
Théodora est entraînée malgré elle dans une quête initiatique vers un ailleurs, vers un meilleur sens, auprès d'alliés tous différemment riches.
Non, ce roman n'est pas à réserver aux adolescents.
Son style clair, sa structure maîtrisée ( un délice pour les monomaniaques de la structure comme moi !) , son vocabulaire précis, ses indices distillés, sa galerie de personnages non seulement étonnants mais là encore ô combien éclairants en font un livre attachant, interrogateur et à mettre entre toutes les mains.
Et pour les amateurs de bande dessinée, la fin a une esthétique très « vagabond des limbes »
Adolescents, sautez dessus !
Adultes, sautez dedans et souvenez-vous !
Parents, sautez dedans à pieds joints et ne lâchez pas votre progéniture !


Par baloo (corse) - sur amazon
le lecteur est pris par le cheminement de théodora .. des légendes mais surtout un vrai roman initiatique où l'on se sent concerné, ému et saisi par ce qui est plus qu'une aventure fantastique .. un roman qui devient un livre de vie; l'héroïne nous entraîne dans une quête qui devient vite, au-delà de son histoire, notre propre histoire .. on attend la suite .. pour l'aventure bien sur mais surtout pour le bonheur de se plonger dans le mystère au limite du réel ... bravo aux auteurs ..; et succès garanti pour petits, moyens et grands !!

Par Les Chroniques de l'imaginaire

Avant, la vie de Théodora était parfaite. Elle vivait avec son père et sa mère. Puis, il y a eu l'accident. Sa mère est passée sous une voiture et en est morte. Du coup, elle vit avec son père, mais les deux ont parfois du mal à se comprendre. Théodora s'est refermée sur elle-même, ses notes ont chuté et elle s'est mutée dans un monde virtuel. En effet, elle joue maintenant à un jeu en ligne, " Barbarian Killers ", que lui avait offert sa mère peu de temps avant de mourir. Et, même si elle n'avait jamais joué avant, elle s'est découverte très douée pour cela. Elle fait même partie des meilleurs joueurs mondiaux. Ils sont cinq et ils forment les Cavaliers de Lumière, l'élite des combattants des Barbarians.
Tous ens
emble, ils gravissent les échelons du jeu. Ils sont maintenant presque parvenus à accéder au niveau 5. Et c'est là que les choses deviennent irréelles. En effet, Théodora a l'impression que les Barbarian commencent à pénétrer dans son monde. Et, à chaque fois, c'est pour commettre des méfaits horribles, comme de pousser une femme sous les roues d'un 4X4. Seulement, Théo semble la seule capable de voir les Barbarian. Les gens autour d'elle ne les aperçoivent pas et ne voient pas les mêmes choses qu'elle. Bref, elle commence à douter d'elle-même et ne sait plus quoi faire.
Mais quand les choses empirent un peu plus, elle n'a plus d'autre choix que d'accepter le fait qu'elle est un des derniers remparts contre l'invasion de Barbarians de son monde.
Voici un livre
jeunesse qui navigue entre fantastique et fantasy. Les deux facettes de ce livre se distinguent aisément par les lieux où se situe l'action : notre monde ou bien le Monde Perdu. Théodora est une adolescente tout ce qu'il y a de plus commun. Du moins, en apparence. Elle est fragile et la mort de sa mère l'a beaucoup affectée. Seulement, elle doit continuer à vivre, ne serait-ce que pour son père. C'est une situation malheureusement assez banale et donc Théodora trouve un exutoire à sa souffrance : les jeux en ligne. J'ai eu un peu peur au début que ce roman se transforme en plaidoyer contre les jeux en ligne, mais il n'en est rien. C'est juste le prétexte à une histoire fantastique, sans réelle prise de position.
L'action est omniprésente et on ne s'ennuie pas pendant la lecture. Il y a bien quelques passages de transition ou de descriptions qui ralentissent un peu le rythme, mais ils sont nécessaires et apportent des explications. Ensuite, malgré un scénario assez linéaire et le fait que ce tome pourrait se suffire à lui-même, il faut envisager une suite possible et là, c'est très ouvert. On pourra aussi noter certaines références à des mythologies, comme la tour de Babel et la perte du Verbe Unique. Mais c'est bien intégré à l'histoire et, finalement, on n'a pas l'impression de facilité que cela pourrait laisser supposer au début.
Au final, on se retrouve avec un premier to
me vraiment agréable qui laisse présager une suite intéressante.
Ecrite par WongLi, le 29 Juillet 2008 à 09:07 dans la rubrique Roman Fantastique, dans le site Les Chroniques de l'imaginaire.

Par marie-galantine"la doc" (perpignan,france) - sur amazon

Des amis m'ont recommandé ce livre...Je l'ai offert à mon petit-fils(12 ans) mais je l'ai lu avant car je connaissais ces auteures de romans policiers.On retrouve une intrigue passionnante,des sentiments et de l'aventure!!!Je me suis régalée.Mon petit-fils après l'avoir dévoré m'a dit c'est GENIAL,tu peux m'acheter la suite...On l'attend avec impatience!!!

Par Cuné (Cabourg) - sur amazon
(TOP 10 REVIEWER)
Théodora redouble sa 4°, et ses résultats sont toujours aussi mauvais : la faute en incombe à un jeu en ligne auquel elle est complètement accro, mais il faut la comprendre : sa mère est morte lorsqu'elle avait dix ans dans un accident de voiture, son père travaille beaucoup et elle est souvent seule. Tout à sa grande peine, elle a coupé les ponts avec ses anciens amis et s'est plongée dans Barbarians Killers, au départ un cédérom qui lui avait été offert par sa mère.
Et petit à petit, voici que cette jeune fille, qui dans la vie a l'impression de tout rater, se révèle une excellente joueuse, elle accèdera sous peu au niveau ultime, ils ne sont que cinq dans le monde (sur des millions de joueurs) à atteindre ce dernier niveau.

L'ennui, c'est que simultanément son père lui interdit l'accès à l'ordinateur tant que ses notes seront aussi catastrophiques, et qu'elle aperçoit des Barbarians dans la vraie vie. Bien sûr, au départ elle interprète tout ça comme de l'overdose, voilà son obsession qui la parasite, etc. Mais non, très vite elle comprend qu'elle ne délire pas, le virtuel est parvenu à s'introduire dans le réel et c'est extrêmement dangereux. Lui incombe alors la mission de combattre ses ennemis dans son monde, pour éviter qu'ils ne l'envahissent et que ne débute alors le malheur et la désolation. Elle peut pour cela compter sur l'aide des quatre autres Cavaliers Des Lumières, à condition qu'ils trouvent un moyen de communiquer, et ce n'est pas simple : ils n'ont pas le même âge, ne vivent pas dans le même continent, ne parlent donc pas la même langue, et dans le jeu existe une censure quant à tout terme personnel. Pourtant, devant l'urgence de la situation, Théo saura trouver des alliés. Débute alors une vraie aventure d'héroïc-fantasy...

C'est le premier tome d'une saga qui devrait s'étendre sur cinq volumes, et sur cinq continents différents. L'enjeu de la lutte entre les Barbarians Killers et les Chevaliers Des Lumières est le Verbe Unique (le langage universel) (en cheminant dans le roman on voit évoquer la Tour de Babel, par exemple) et la volonté des auteurs est de mêler les mythologies de peuples anciens parfois oubliées, au genre fantastique. De l'ethni-fantasy s'il fallait vraiment qualifier...

Moi j'ai adhéré à fond : en tant que maman d'un loustic bien accroc au jeu en ligne Dofus, j'ai transposé tout le début très aisément; ensuite, l'aventure en elle-même a su me séduire, Théo est attachante et juste assez longue à la comprenette pour nous permettre de rassembler nous-mêmes nos idées, car le menu est copieux ! J'ai aimé retrouver aussi les incontournables (et les clins d'oeil !) de la Fantasy, l'animal familier (un renard, ça change des loups !), le regard des dragons, la télépathie, l'épée, les sauts dans différents espace/temps, etc. J'ai frémi dans certaines scènes, été amusée par d'autres...

Je vais tenter de mettre Fiston sur le coup, mais personnellement, j'attends déjà le tome 2 avec impatience !

Par Mahlous - sur amazon
(REAL NAME)
Je recommande ce livre à tous les lecteurs aimant les récits fantastiques et merveilleux. La plongée dans le fanstastique est exaltante car le suspense est maintenu avec brio par les auteures et l'action est menée tambour battant. Il y a ce qu'il faut d'humour, d'aventure et de noirceur. De plus, le personnage principal est très attachant, on a hâte de découvrir avec elle son incroyable destinée et de savoir si elle réussira à l'accomplir. Vivement le tome 2!

Par Riou Fournier Emmanuelle - sur amazon
(REAL NAME)
J'ai offert ce livre à mon fils de 11 ans et je l'ai lu pendant qu'il était en colonie de vacances... J'ai beaucoup aimé, c'est très vivant, on est à la fois dans le passé (mythologies diverses) et dans l'avenir proche avec l'utilisation intensive d'internet et des jeux vidéos...
Le style est très agréable, on lit l'ensemble très facilement.
Emmanuelle
Commentaire de mon fils : ça m'a plu car il y a de l'action, que ça parle de jeux vidéos et que l'héroïne a presque mon âge.


Par GUY Christian (Billom, France) - sur amazon
(REAL NAME)
J'ai vraiment passé un moment formidable en compagnie de Théodora et ses cavaliers, un récit palpitant, des personnages plein d'amour et d'humour. A lire et à relire sans modération. J'attends le tome 2 avec impatience.

Par mamilène "une instit des ïles" (marie galante Gadeloupe) - sur amazon
Les livres policiers de ces deux autaures passinnaient dèja les jeunes lecteurs, mais avec le fantastique "des cavaliers "c'est du délire. Mes petits enfants délaissent leurs jeux habituels pour se plonger dans les aventures de héros dans lequels ils se retrouvent.
A LIRE ET A FAIRE LIRE...

Par Bertin (france) - sur amazon
(REAL NAME)
Un livre plein de suspense et de magie que j'ai lu sans m'arrêter.
Du nouveau dans l'univers de la Fantasy.

Par el-lion (Grasse, France) - sur amazon
Un super bouquin où on se laisse prendre petit à petit au "jeu".
On le dévore en une nuit et on attend avec impatience la suite de l'aventure.
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# Posté le lundi 08 septembre 2008 06:31

Modifié le lundi 03 novembre 2008 16:35

Premier Chapitre du tome 2, La Voie des Chimères

Premier Chapitre du tome 2, La Voie des Chimères
Tu peux lire GRATUITEMENT ici
le premier chapitre de

La Voie des Chimères
ou le télécharger en PDF en cliquant directement ICI


Chapitre 1
Owen Russel alias Dream Song

Owen se réveilla en sursaut et s'écarta avec méfiance de l'écran de l'ordinateur brûlant devant lequel il s'était endormi. Il va se mettre à fumer, parole ! se dit-il.
Il consulta son vieux bracelet-montre en forme de kangourou.
Quatre heures du mat. Il allait à coup sûr s'endormir aujourd'hui sur son cyber-school, et sa mère piquerait encore sa crise.
Ses parents, Blanche et Henry, ne lui demandaient pas grand chose, mais il avait l'obligation d'être assidu à ses cours.
Il s'en voulait terriblement d'avoir été ainsi terrassé par cette envie de dormir. Il s'était passé quelque chose cette nuit. Juste avant qu'il ne sombre dans un sommeil vertigineux.
Il tenta de récapituler le déroulement des événements avant la dernière bataille.
Il se souvenait bien du combat, et aussi du Cor de Lune. Son avatar s'était conduit en brave, et il avait bien mené ses troupes. Les Cavaliers avaient réussi à rappeler tous les Barbarians présents sur terre et les avaient forcés à réintégrer leur espace virtuel.

Mais que s'était-il déroulé exactement ensuite, pendant que l'ordinateur central de Torfed implosait, rendant prisonnier à jamais (à jamais ?) tous les Barbarians du monde ?
Pourquoi son propre PC s'était-il mis à chauffer, pour finalement s'obscurcir jusqu'à brouiller l'écran tout entier, et s'éteindre, non sans avoir d'abord émis une lueur minuscule, incandescente, au centre même de l'écran, qui avait fini par disparaître elle aussi ?
Où étaient passés les autres Cavaliers des Lumières ? Et surtout Fennec des Sables, qui se trouvait réellement, en chair et en os, au milieu de la bataille dans le monde virtuel. Plus il se posait de questions, plus la mémoire des faits récents lui revenait.
Ils s'étaient donné rendez-vous, par mail, dans leurs ordinateurs. Une fois déjà, par hasard, Fennec des Sables était entrée dans la machine. Elle était réellement au c½ur du Jeu.
Elle, pas son effigie.

Forte de cette expérience, elle leur avait expliqué comment faire pour y parvenir, eux aussi. Tous les Cavaliers devaient donc se rejoindre dans le Jeu, en suivant ses indications, dans le but de détruire les Barbarians ou de les empêcher de nuire sur Terre.
Mais dès que Owen avait intégré le Jeu, il avait vu que ça ne marchait pas. Il avait beau actionner son personnage pour qu'il empoigne son épée, rien ne s'était passé de ce qu'avait prédit Fennec des Sables.
Pourtant il avait suivi à la lettre ses instructions. S'avancer vers l'estrade où les attendaient leurs épées respectives pour le fameux adoubement, et s'en saisir. C'était ainsi que ça avait marché pour elle, avait-elle affirmé.
Et là, rien. Pour les autres non plus, d'ailleurs. Pas de transformation fulgurante. Pas de grand saut dans l'ordinateur. Pas de transport dans le monde virtuel. Fennec des Sables avait réussi, et eux non. Les Cinq Cavaliers avaient bien été réunis, mais pour quatre d'entre eux, il ne s'agissait que de leur avatar.
Et ensuite, ils avaient été faits prisonniers. Ils avaient vu Yamider, qui avait tenté de les convaincre de rejoindre leurs rangs.
Yamider.

Owen avait beau savoir qu'il était ignoble, et qu'il voulait leur perte, il ne parvenait pas à avoir peur de lui. Ni même à voir en lui un ennemi dangereux. Bien sûr, jamais il n'aurait pu confier ces sentiments aux autres, mais c'était flagrant quand il était avec eux.
Il voyait bien que les autres haïssaient et craignaient Yamider comme la peste, et qu'il était le seul à ne pas le redouter. Pourquoi devant le monstre, lui, Owen, ne ressentait-il aucun effroi?
Etait-ce dû à son statut de chef ? Peut-être était-ce pour cette faculté particulière de ne pas frémir devant l'ennemi qu'il était devenu le chef des Cavaliers ?
Puis, à la fin de la grande bataille qu'ils avaient livrée, seuls contre toute l'Armée de l'Obscur, et qu'ils avaient gagnée, tout avait implosé.
C'était à ce moment là qu'il s'était endormi ou peut-être évanoui, d'ailleurs...
Qui pourrait faire la différence ? Heureusement que l'engin n'avait pas vraiment brûlé, mettant le feu à sa chambre, puis à la maison... Il avait été protégé pendant son sommeil, puisque rien de très grave ne semblait être arrivé ici-bas.

Des tas d'autres questions se bousculaient dans sa tête.
Le monde virtuel des Barbarians existait-il toujours ?
Yamider avait-il été vraiment tué durant la bataille ? Fennec des Sables, la seule à être entrée personnellement dans ce Monde, était-elle encore en vie ?
Le Jeu fonctionnerait-il comme à l'ordinaire s'il tentait de se connecter sur un autre ordinateur ?
Une angoisse sourde l'habitait. Celle de ne jamais retrouver Fennec des Sables...
Owen se leva et se massa le cou. Il avait un torticolis douloureux, dû certainement à sa position durant ce sommeil insolite qui l'avait assailli.
Il descendit dans les pièces à vivre, se dirigea vers le frigo et se servit une large rasade de lait. Il essayait de faire le moins de bruit possible pour ne pas réveiller ses parents qui dormaient juste à côté du salon.
Une appréhension étreignait son c½ur. Une sorte d'anxiété. Il éprouva le besoin d'aller vérifier si ses parents étaient bien là, s'ils n'étaient pas morts ou s'ils n'avaient pas été pulvérisés, durant cette nuit mémorable.
Il se rendit à pas de loup vers leur chambre, attenante au grand salon bibliothèque. Il en ouvrit la porte d'une lente poussée, tout en la retenant pour qu'elle ne heurte pas la paroi.
Un son régulier lui parvint, le rassurant immédiatement. C'était son père, qui pesait dans les cent kilos, et dont le souffle était toujours très fort. Bien sûr, le bruit couvrait celui de la respiration de sa mère, et il attendit jusqu'à ce qu'il la voie bouger, se retourner dans son sommeil.
Dans une alcôve en retrait de leur grand lit, blottie dans son lit de bébé, sa petite s½ur Neal, un an, dormait, elle aussi, d'un sommeil sans rêve.

Tranquillisé, il referma doucement la porte et regagna sa chambre aménagée sous les combles.
C'était son espace à lui, que son père lui avait aménagé à sa demande. Il y avait travaillé presque un an, pendant que sa mère attendait Neal, et ce lieu était devenu magique.
Jour après jour, de capharnaüm qu'il était, car c'était auparavant la pièce où la famille rangeait tout le bric-à-brac inutile, c'était devenu une grande chambre confortable, claire, lambrissée de bois précieux d'Australie, en particulier d'eucalyptus.
Owen savait, depuis que Bruce le lui avait appris, que l'écorce d'eucalyptus était souvent utilisée pour peindre les itinéraires du Rêve* par les Anciens.

* Rêve (ou Dreaming) : dans le monde aborigène australien, on emploie le mot Rêve pour désigner la cosmologie aborigène, à la fois les êtres éternels, ancêtres créateurs, les récits mythiques de leurs voyages et l'espace-temps où ces actions se déroulent, ainsi que les Lois régissant la conduite sociale et religieuse, la Terre, et les forces spirituelles qui soutiennent toute vie. Les blancs ont souvent traduit par Dreamtime (temps du Rêve). Mais il ne s'agit pas d'un simple temps des origines. Le Rêve est plutôt une dimension parallèle au temps historique des hommes, une permanence en mouvement, une mémoire vivante de la matière cosmique. Les Aborigènes préfèrent le Dreaming (en train de rêver) plutôt que Dreamtime, car l'expression souligne que les Ancêtres sont aussi et surtout des principes qui sont rêvés autant qu'ils rêvent les hommes. Elle contient tout ce qui fut, qui est et aussi ce qui pourrait advenir. Dans ce roman, les termes Rêve ou Dreaming seront indifféremment utilisés.

Il restait bien des cartons par-ci par-là, mais ils ne dérangeaient pas Owen.
Son lit faisait face à une immense fenêtre qui, la nuit, révélait en cinémascope l'immensité des cieux changeants avec des apparitions passagères de la lune, toujours quand elle était pleine. Henry avait calculé tout exprès l'angle de la fenêtre pour que Owen puisse bénéficier de ces magnifiques vues sur le ciel lumineux Australien.
Il se débarrassa de son tee-shirt et de son jeans et glissa entre ses draps frais. Malgré la chaleur, il aimait se sentir recouvert d'un drap. Je dois dormir. Il va falloir que je m'occupe de l'ordinateur demain, et que j'arrive à convaincre papa de m'en acheter un nouveau, se dit-il.

Ce fut juste au moment de se rendormir qu'il se souvint. Les grottes souterraines. Les sources. Il avait rêvé durant son sommeil forcé. Un songe particulier. Pouvait-il le classer dans la catégorie du Rêve, celui dont parlait tout le temps Bruce ? Etait-ce un message des Ancêtres ?
Bruce était un Ancien de la Terre d'Arnhem. Un Aborigène comme lui. Owen le connaissait depuis le premier jour où ils étaient venus habiter dans la région, il y avait de cela trois ans maintenant. Neal n'était pas encore née, à l'époque.
Ses parents avaient cherché longtemps un bout de terrain loin de tout et de tous. Ils voulaient quitter la ville. Ils lui trouvaient une influence néfaste sur le comportement de leur fils adoptif, Owen.
C'était comme des vacances.

Ils vivaient dans un camping-car, en attendant de construire une maison là où ils le pourraient. Henry était devenu expert dans l'art de fabriquer des abris de branchages, des wirlies*, comme un authentique aborigène. Ils allaient de temps en temps dans une out-station* acheter des denrées à la supérette.
Naïvement, Henry et Blanche Russel avaient cru que du moment qu'ils verraient une terre vide, ils pourraient s'y installer sans faire de tort à personne. Ils parlaient même parfois d'acheter peut-être, si c'était possible, un hectare dans le coin.
Ils connaissaient mal les lois qui régissaient les Land Councils*, ces terres qu'on avait rendues aux aborigènes et que nul ne pouvait acheter.
Un jour, ils l'avaient trouvé. Le terrain idéal. Celui dont Henry avait rêvé toute sa vie. Il y avait un espace un peu surélevé, qui serait parfait durant la saison des pluies.

* wirlie : abri confectionné d'une structure de base en blanches d'arbres à laquelle sont fixées de longues bandes d'écorces.
* out-station : camps ou communautés isolées établies par les Aborigènes sur les terres traditionnelles rendues.
* Land Councils : conseils des terres aborigènes

Un peu en contrebas, un billabong* très clair reflétait les nuages, alimenté semblait-il par une eau de source généreuse, et qui repartait en un cours d'eau bouillonnant arrosant une parcelle de terre limoneuse.
Ils pourraient faire pousser des légumes.
Des arbustes aux longues branches vaporeuses et retombantes bruissaient doucement, caressés par une brise légère, participant ainsi à l'harmonie sonore de ce lieu paisible et majestueux.
Henry avait décidé de s'arrêter là quelque temps, « ...Pour voir venir ! » avait-il déclaré.
Dès le premier jour Bruce était apparu.
Torse nu, pieds nus, un vieux jeans rapiécé qui pendait sur ses hanches, la chevelure hirsute, il avait surgi de nulle part.

Qu'est-ce qu'il attend pour se peindre partout sur le corps et se planter un os dans le nez ! avait raillé silencieusement Owen en l'observant depuis l'habitacle du camping-car où il lisait une B.D.
-- J'habite par là, avait dit Bruce, en montrant la direction de la piste vers les arbres. Je suis dépositaire de cette Terre. Personne n'a le droit de s'y installer sans y être autorisé par moi. Ou par d'autres de mon clan. Avez-vous un laissez-passer ? Qui êtes-vous ?
Henry s'était troublé.
-- Je m'appelle Henry, avait-il dit en tendant une main que Bruce n'avait pas saisie.
-- Que voulez-vous ? Etes-vous envoyé par le gouvernement ?
-- Non... Je...
-- En vacances ?
-- Eh bien, je...
Bruce attendait calmement la réponse qui tardait à venir. Finalement, Henry contre-attaqua par des questions :
-- Et vous ? Vous vivez loin des autres. Pourquoi restez-vous ? lui avait-il demandé.

* billabong : retenue d'eau proche d'une source, mare résiduelle, lieu apprécié des oiseaux, des reptiles et des poissons, donc garde-manger naturel pour les Aborigènes.

Bruce avait souri.
-- C'est vrai, les autres sont partis. Je suis le seul à venir dans le coin. Je ne peux pas quitter la terre de mes ancêtres. Je suis trop vieux. Quand j'étais jeune, je n'avais jamais vu de blancs par ici. Maintenant il y a même une piste d'atterrissage pas trop loin. Le tourisme. Mais c'est bien, ça fait rentrer des royalties.
-- Comment faites-vous pour survivre, tout seul ?
-- Oh ! Je me débrouille avec les allocs. Je fabrique des molos* aussi. Vous comptez rester par ici ?
-- C'est vrai, dit Henry. C'est mon intention. Mais je n'ai pas d'autorisation.
-- Vous avez des enfants ?
-- Oui.
-- Vous allez faire comment pour l'école ?
-- Internet. J'ai un générateur.
-- J'ai vu à la télé l'école par Internet. C'est pratique quand on est loin. Ici, il y a des écoles parfois dans les out-stations, mais les enfants n'y vont pas car il n'y a pas toujours d'instituteurs. Elles sont neuves. Toujours fermées.
-- C'est du gâchis.
-- Oui... répondit Bruce en souriant. Il n'y a plus aucun enseignement. Ni par les anciens, ni par les blancs. Gâchis. Vous avez raison. Gâchis du savoir. Gâchis des connaissances. Seulement la télé. Ol buljit*.
Blanche était sortie du mobil-home pour saluer Bruce. Elle lui avait serré la main avec effusion.
-- Owie ? Viens ! avait-elle appelé son fils, cloîtré dans l'habitacle.
Owen avait suivi toute la scène depuis la fenêtre du véhicule et il n'avait aucune envie de descendre faire des salamalecs à l'homme. Au « sauvage » comme il l'avait déjà surnommé.
D'autant plus qu'il savait qu'il lui ressemblait.

* molo : instrument traditionnel australien constitué simplement d'un tronc d'arbre évidé par le rongement des termites dans lequel on souffle comme dans une trompe.
* Buljit : « Que des conneries » en Kriol aborigène.

Il redoutait à l'avance son regard. Le moment où le type le regarderait d'un air étonné.
Car bien sûr, quand on voyait Henry et Blanche, on s'attendait forcément à ce que leur enfant soit blond aux yeux bleus. Ou en tout cas, blanc.
Et Owen était aux antipodes de ce genre de physique. Il avait les traits typiques des Aborigènes, le teint couleur d'écorce calcinée, et de grands yeux noirs légèrement en amande.
Devant l'insistance de Blanche, Owen avait fini par venir les rejoindre pour saluer le visiteur.
Il était maussade et n'avait fait aucun effort pour sourire.
Il avait tendu une main molle et affronté le regard forcément plein de questions de l'homme avec une franche mauvaise humeur.
Mais son geste était resté en suspens, car l'homme n'avait pas pris sa main. Owen avait levé un regard excédé vers lui.
-- Oh, c'est toi ? avait dit l'homme d'un air entendu, comme s'il le connaissait depuis toujours. Je m'appelle Bruce.
Et il s'était incliné légèrement, en une sorte de discrète révérence.
-- Je m'appelle Owen, avait répondu l'adolescent du bout des lèvres.
Bruce avait éclaté de rire.
-- J'ai fait un long walkabout* pour venir jusqu'ici, à la suite d'un songe. Et mon songe disait vrai, c'est pourquoi je suis heureux, même si je vous parais fou. C'est votre fils ? avait-il demandé à Blanche et à Henry, qui avaient hoché la tête en signe d'assentiment.
-- Je vous félicite. Vous avez bien de la chance. Il est...
Il n'avait pas achevé cette phrase et il s'était tu un long moment, les yeux rivés sur Owen, mais semblant regarder quelque chose à l'intérieur de lui-même.
Puis, après ce long silence, il avait poursuivi :
-- Je vous autorise. Vous pouvez habiter sur mes terres, près de ce billabong. Pour l'instant. Je vais parler aux autres et vous faire connaître.

* walkabout : errance ; circuler, errer en nomade. Pour un aborigène, traverser, pénétrer le bush avec un objectif sacré comme se rendre à une cérémonie rituelle.

Si quelqu'un vous demande quoique ce soit, parlez-lui de Bruce. Je serai votre permis et votre laissez-passer. Vous aurez le droit de construire votre kemp*. Et si vous avez besoin d'aide, je sais faire plein de choses, ça me rendrait service de travailler un peu !
-- Pourquoi ?
-- ça donnera plus de vie ici. Ma famille pourra revenir avec moi habiter. D'autres pourront venir aussi ou envoyer leurs enfants à l'école Internet.
Il s'était en un instant attribué un droit sur toute la logistique informatique de la famille Russel !
Mais, loin d'en être offusqué, Henry avait accepté cette proposition avec effusion. Il avait conscience du don précieux que venait de lui faire Bruce. Rien de moins que l'accueillir sur ces terres. Sans parler du soutien autant physique que moral que représenterait pour eux la présence d'aborigènes amis pour leur installation.
-- Merci. C'est un honneur. Je vais construire une maison.
-- Je viendrai demain vous apprendre deux ou trois petits systèmes pour survivre. Pour commencer, vous ne pouvez pas aller partout. Il y a des endroits interdits. Ça ne paraît pas à vos yeux, mais chaque lieu, chaque chose a un mining*, par ici. A vrai dire, partout, d'ailleurs. Seuls les Chants* peuvent permettre de savoir où aller sans danger de contrarier les esprits. Les blancs ne détiennent pas, ils ne connaissent pas le mining. C'est là que les ambags* commencent. C'est pourquoi il se passe des mauvaises choses quand ils sont par ici.
Il se tut un instant. Un pli amer se forma sur son front.
-- Les bleckbalas* non plus ne possèdent plus, maintenant, murmura-t-il pensivement. Je suis un des derniers à savoir. Avec Nelly. En conséquence tout va si mal. Les règles ont été trop dérangées.

* kemp : maison
* mining : sens, signification
* le Chant : les Aborigènes chantent quand ils se déplacent des chants à la fois très anciens et toujours renouvelés. Ils en possèdent ou en composent un pour chaque circonstance ou élément historique comme géographique : chaque vie animale, plante, relief, point d'eau, arbre, nuage, vent, pluie éclair, lune, soleil, et aussi pour l'histoire du lieu ou de l'élément...
* ambag : dispute, conflit, ennui
* bleckbala : individu noir. Terme employé par les Aborigènes pour se désigner eux-mêmes.

Henry, Blanche et Owen l'observaient sans oser intervenir. Il leva les yeux vers eux, sortant de sa rêverie morose pour leur dire sur un ton autoritaire :
-- Et ne branchez pas votre groupe la nuit. Il vaut mieux apprendre à supporter la chaleur, plutôt que de manquer d'électricité. C'est ma première leçon d'économie locale.
-- Merci, c'est gentil. Heu... Vous restez dîner avec nous ?
-- Non. J'ai une longue route et demain, je reviens avec les miens. Je dois rester près de lui, insista-t-il en désignant Owen du menton. Je m'installerai par-là.
-- Mais... J'ai tout exploré, il n'y a que cette source par ici, avait répondu Henry en désignant le mince filet d'eau qui sourdait dans le billabong, pour aller se perdre entre deux roches rouges et former plus loin le cours d'eau.
Bruce avait souri alors d'un air bienveillant et dit en s'éloignant.
-- Bien sûr. Mais n'explore plus sans mon autorisation, maintenant. Attention de ne rien déranger de l'invisible. Tu ne le sauras pas. Tu ne le verras pas. Mais tu dérangeras. Et tu provoqueras des ambags.
Henry avait eu l'air très intimidé par ces avertissements.
-- Demain, vous connaîtrez Nelly. Bobo, olmen* !

* bobo, olmen : salut, vieux ! (terme affectueux)

Arrivé derrière un groupe de buissons en surplomb, Bruce s'était retourné vers eux pour un dernier salut de la main. Son regard avait transpercé Owen et il avait émis un son qui ressemblait à un chant psalmodié.
Il s'était retourné alors pour s'enfoncer dans le bush.
-- Eh bien ! Tu lui as fait un sacré effet ! s'était exclamé Henry ! Tu dois être la réincarnation d'un esprit de cette région, et il l'a tout de suite remarqué ! s'était-il moqué.
-- Ça va ! Lâche-moi ! avait bougonné Owen, mal à l'aise.
-- C'est vrai, c'est étrange la façon dont il a parlé de toi, avait appuyé Blanche, tout en regagnant l'abri du camping-car.
Je ne sais pas si je garderai la clim la nuit, mais en tout cas le jour, il vaut mieux se mettre à l'abri. La première chose à construire, Henry, c'est un abri pour nous faire de l'ombre !

Et elle avait disparu dans l'habitacle.
-- Je vais te chercher des branchages ! avait marmonné Owen à l'intention de son père en pénétrant dans un sous-bois tout proche.
Il avait besoin de mettre de l'ordre dans ses pensées.
Ce jour-là, il s'était longuement promené au milieu des arbres, des roches et de la terre, et quelque chose en lui s'était senti de retour. Où ? Comment ? Pourquoi ? Il n'aurait pas su l'expliquer. C'était une sensation profonde, bien que confuse.
Et le lendemain, il avait rencontré Nelly. Outre le fait d'être l'épouse de Bruce, elle était surtout une Ancienne respectée par les siens comme étant la dépositaire d'un grand nombre de vérités, de chants, et de connaissances sacrées.

Owen aimait beaucoup Nelly, mais elle lui parlait peu, l'observant souvent de loin, semblant le jauger, attendre quelque chose... Quand elle avait besoin de lui parler, elle envoyait Bruce, qui paraissait être son messager, son intermédiaire.
Par la suite, Bruce et les siens s'étaient vraiment établis au nord sur le terrain.
Bruce avait fait surgir plusieurs sources, au grand émerveillement de Henry, et son vieux pick-up déglingué avait fait partie du paysage.
Jamais aucune question n'avait été posée à Owen sur ses relations avec Blanche et Henry. Jamais personne ne lui avait demandé s'il était un enfant adopté. La situation avait été acceptée telle qu'elle se présentait. Il était leur fils. Un point c'est tout.
Petit à petit, Owen s'était apaisé et les raisons pour lesquelles ses parents avaient fui la grande ville, les copains vauriens, les mauvaises fréquentations, les tentatives de fugue à répétition, tout cela avait disparu jusqu'à n'être plus qu'un mauvais souvenir.

Les enfants du clan de Bruce, comme d'autres, au nombre fluctuant, qui apparaissaient, surgis de nulle part, le matin, suivaient les cyber-cours sur l'ordinateur, et, dès que la maison avait pu être utilisée, on avait transformé le camping-car en une sorte d'école.
Blanche avait fait des dossiers, avait obtenu l'achat de plusieurs ordinateurs, un instituteur débarquait de Darwin deux jours par mois suivre l'avancée du travail scolaire, faire le point, lancer des programmes, des séquences de travail. Durant la saison des pluies, il ne pouvait pas toujours venir, la route étant parfois coupée.
Pour ses quatorze ans, Owen avait reçu son ordinateur personnel, qu'il avait placé dans sa chambre tout juste terminée. Et il s'était immédiatement commandé par Internet un jeu qui l'avait attiré irrésistiblement tandis qu'il consultait des cd-rom sur un site d'achat en ligne.
Barbarians Killers.
Voilà comment il était entré en contact avec les Barbarians, et avec les autres Cavaliers des Lumières.
C'était aussi vers cette époque que Bruce avait commencé à lui parler du Chant des Rêves. Du Dreaming.
Au début, Owen l'avait pris pour un vieux radoteur, et il n'avait pas percuté.
Pourtant depuis que les Barbarians étaient apparus dans sa vie, ici, dans le monde réel, il s'était intéressé aux paroles de Bruce, car il y trouvait une sorte de résonance étrange avec le Jeu.
Mais Bruce l'agaçait, avec ses sentences et ses sermons sur les Ancêtres, les Traditions, le Savoir Perdu.

Blanche et Henry étaient enchantés de sa transformation, et mis à part à propos de ses résultats scolaires, il n'y avait plus guère de conflit entre eux.
D'ailleurs Owen leur donnait ce qu'ils attendaient de lui, sachant que c'était le moyen d'être tranquille. Il suivait ses cours avec assiduité et récoltait suffisamment de bons résultats pour avoir une paix royale.
Et puis Blanche s'était retrouvée enceinte et Owen était devenu le grand frère d'une merveilleuse petite Neal, qu'il adorait.
Alors que sa mère restait auparavant des heures scotchées à son ordinateur pour écrire ses comptines pour enfants qui étaient éditées à Melbourne, elle était à présent occupée pratiquement à plein temps par le bébé, ne pouvant se consacrer à ses poèmes que lorsque la petite dormait.
Quant à Henry, comme la maison était maintenant pratiquement terminée, s'il ne devait pas garder Neal, il s'enfermait de plus en plus dans son atelier pour souder ses gigantesques sculptures.
Si bien que lorsque les événements avaient commencé, avec l'intrusion des Barbarians dans sa vie réelle, Owen n'avait pas osé leur en parler.

Il avait eu peur de leurs regards, de les peiner, peur qu'ils le prennent pour un menteur. Peur que leur confiance en lui retrouvée, toute fraîche, soit de nouveau mise à l'épreuve.
Cette nuit, au fond de son lit, ses pensées avaient dévié lentement vers ses souvenirs, alors qu'il tentait de se rappeler son rêve.
De quoi s'agissait-il exactement ?
Il faisait un effort pour s'en souvenir, mais sans succès. On aurait même dit que plus il tentait de se le rappeler, plus le rêve s'échappait.
Des grottes, des cavernes, des souterrains, de l'eau, des sources, une rivière énigmatique. D'accord. Mais il n'y avait pas que ça, il en était sûr. Il n'y avait pas que du minéral. Il y était aussi question d'êtres vivants. Qui ? Des êtres humains ? Des Barbarians ? Des animaux ? Certains des Cavaliers ?
A la minute où il sombra dans le sommeil, l'image d'un petit chien, ou d'un petit renard -un fennec ? un dingo ?- accéda à sa conscience. Trop tard. Il dormait.
Il ne put donc faire le rapport avec Fennec des Sables.

# Posté le mercredi 24 septembre 2008 14:37

Modifié le lundi 05 janvier 2009 10:39

les derniers thrillers de Brigitte Aubert

les derniers thrillers de Brigitte Aubert
Brigitte Aubert vient d'écrire pour la collectiion 10/18
LE MIROIR DE L'OMBRE
pour acheter le livre
En 1891, Louis Denfert, jeune et impétueux reporter au Petit Eclaireur, ronge son frein entre chroniques sportives et articles mineurs lorsqu'il est envoyé en reportage à Dijon sur une affaire au parfum de scandale : une honorable gouvernante anglaise a été retrouvée, dans le train de nuit Paris-Marseille, sauvagement égorgée et démembrée. Ce meurtre aurait-il un lien avec la disparition, un an auparavant, dans le même train, de Louis Aimé Augustin Leprince, un inventeur franco-anglais qui venait de mettre au point un appareil de projection d'images révolutionnaire ? Louis était impatient d'en découdre, il va être servi ! Brigitte Aubert plonge au c½ur de la glorieuse épopée des pionniers du cinématographe. Dans les coulisses de la lanterne magique, péripéties, mystères et drames se succèdent à un train d'enfer !

le commentaire de Clarabel:
Grand reporter sur les traces d'un tueur en série, 20 septembre 2008
Nous sommes en 1891, Rimbaud vient de mourir et Louis Denfert est reporter au Petit Eclaireur. Inutile de faire les présentations, c'est bien le personnage central de cette nouvelle intrigue policière créée par Brigitte Aubert pour 10-18. Cette série est savoureuse, écrite avec verve et fidèle à l'esprit 19ème siècle du Paris et Londres de l'époque. On y croise la scène littéraire (Marcel Schwob, Edmond Rostand, Conan Doyle) et artistique (Degas). On pénètre les coulisses de ce nouveau siècle des Lumières (le cinéma !). C'est enlevé, vif, éclatant. Une liqueur tonifiante, une peinture très soignée, un peu trop j'ai envie de dire. L'auteur a buché son sujet, on ne peut guère le lui reprocher. J'ai juste trouvé que le cumul des détails (et le désir de bien faire?) noie parfois l'élan de l'intrigue policière. Mais ceci n'est qu'un détail mineur.
L'histoire, la voici : Louis Denfert est envoyé par son chef à Dijon pour une affaire criminelle : le corps d'une gouvernante anglaise, Mathilda Courray, 32 ans, vient d'être découvert, découpé en petits morceaux, dans le train de nuit Paris-Marseille. A peine arrivé sur les lieux, Louis est victime d'une agression et doit la vie sauve à un certain Emile Germain, ancien baroudeur revenu d'Asie, qui est taillé comme une armoire. Dans la bataille, notre journaliste a perdu son carnet de notes. Plutôt étrange ! Un calepin contre un portefeuille ?... Passons.
La piste à suivre conduit nos deux compères à Leeds. Ils y découvrent une autre facette de la jeune gouvernante assassinée, qui colle de très loin à l'image d'une femme respectable, engoncée dans son uniforme, fréquentant la bonne société. Dans le même temps, ils apprennent la disparition d'un inventeur franco-anglais survenu un an auparavant, dans le même train. Ce type aurait eu des accointances avec Mathilda Courray, en plus d'avoir appartenu à une loge maçonnique.
D'autres révélations inattendues vont poindre au cours de ces 370 pages rythmées, rafraîchissantes et exécutées avec virtuosité. L'enquête est étourdissante, digne d'un roman-feuilleton (très à la mode, au 19ème siècle !). L'impression d'une fidèle reproduction est flagrante, tant dans le décor que dans les personnages. Ils vont tous vous étonner, vous surprendre (sans rien dévoiler, on y trouve Jack the Ripper et le terrifiant Mr Hyde !), vous arracher quelques frissons d'effroi (l'homme, dans l'ombre, qui sourit de façon animale - mais qui est-il ?!!), bref vous serez quittes de quelques soupirs de contentement. Une lecture dont on sort... repu ! J'ai hâte de lire le deuxième livre - La danse des illusions. Bonne nouvelle : il est déjà disponible ! ;o)
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# Posté le jeudi 25 septembre 2008 04:22

Modifié le jeudi 25 septembre 2008 04:34

Barbarians 1

Theodora lance l'alerte
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# Posté le mardi 16 décembre 2008 17:25

Barbarians 2 (suite)

Barbarians 2 (suite)

Theodora en cours de maths.
Des choses étranges...
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# Posté le mardi 16 décembre 2008 17:28